29 mai 2010

Quelles sont les stratégies aujourd’hui possibles pour un imprimeur ?

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A l’intérieure de la seule activité d’imprimer, les choix de stratégie pour un imprimeur sont simples : soit il recherche des économies de coûts par une stratégie de volume, soit il tente de se différencier par rapport à l’offre de ses concurrents.

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La stratégie de domination par les coûts. Elle a sans doute été la stratégie la plus courante parmi les imprimeurs ces dernières années notamment pour réduire les coûts fixes importants induits par la technologie offset. La baisse des chiffres de tirages, la surcapacité des parcs machines, le nombre d’acteurs à se partager les mêmes clients font qu'aujourd’hui cette stratégie devient difficile à poursuivre pour la majorité d'entre eux.

Exemples de stratégie de domination par les coûts chez les imprimeurs français :


La stratégie de différenciation. Il s’agit pour l’imprimeur d’offrir quelque chose à ses clients qu’ils perçoivent comme unique: la personnalisation de mailing aussi bien en texte qu’en image, l’impression numérique de données variables,  l'impression grand format, l’impression sur plastique, sur des supports peu communs mais également l'impression numérique en plein centre de Paris etc. L’imprimerie se constitue ainsi sur son marché un monopole qui la met à l’abri des attaques de ses concurrents. L’objectif avec la différentiation est d’apporter une valeur supplémentaire aux acheteurs d’imprimés, aux lecteurs, aux clients ou aux donneurs d’ordres finals. Si le client accepte de payer le prix supplémentaire alors la valeur est réellement perçue par celui-ci.

Exemples de stratégie de différenciation chez les imprimeurs français :


La stratégie de concentration. Cette stratégie a été ajoutée par Michael Porter[1] pour au sein de la stratégie de différentiation opposer la volonté stratégique de s’adresser à tout le secteur d’une part (il l’appelle également différenciation) et à un segment particulier d’autre part (il l’appelle la concentration ou la focalisation). Par une stratégie de concentration, l’imprimerie s’attaque à un segment précis : un groupe de consommateurs ou un groupe de produits imprimés bien particulier. La recherche d’une cible unique lui permet de bénéficier des avantages soit de la domination des coûts, soit de la différenciation, soit des deux en même temps.

Exemples de stratégie de concentration chez les imprimeurs français :

 

 

Selon Porter, entre les trois stratégies développées au sein d’un secteur, domination globale par les coûts, différentiation et concentration, il est clair que l’entreprise se doit de choisir, sinon « l’enlisement dans la voie moyenne » menace l’entreprise. Ainsi, il n’est pas envisageable pour un imprimeur de penser à la fois attaquer le marché du long tirage et celui de l’impression numérique qui demande des exigences en termes d’organisation très antinomique. Au risque de perdre son identité et ses facteurs de compétences, l’imprimerie ne peut ainsi pas poursuivre à la fois une stratégie de différenciation synonyme de sélectivité, de sur mesure, et se lancer dans une stratégie de production de masse.



La spécialisation. Il s’agit pour l’imprimeur d’axer ses efforts sur un marché (le marché du livre, le marché du packaging, etc.) et sur un même type de produit (livre noir et blanc, livres d'art, etc.) notamment pour obtenir un avantage en matière de coûts ou des services fournis.

Exemples de stratégie de spécialisation chez les imprimeurs français :


L’intégration verticale. De plus en plus d’imprimeurs ont recours à cette stratégie d’intégrer des activités en amont ou en aval de leur domaine d’activité stratégique principal qu’est l’impression sur papier : en amont, par exemple, avec la création et la mise en page de documents imprimés, ou en aval avec les activités de routage, la mise sous pli , la gestion des envois des imprimés par la poste etc.

Les raisons de l’intégration verticale en fonction des imprimeurs peuvent être différentes :

  • Raisons financières : s’approprier des marges bénéficiaires des fournisseurs et/ou des clients, réduire les coûts de contrôle et de coordination, baisser les coûts des stocks amont et/ou aval ;
  • Raisons technologiques : acquérir des technologies en amont et/ou aval, gérer la qualité sur toute la chaîne graphique, simplifier les processus de fabrication ;
  • Raisons stratégiques : réduire le pouvoir de négociation des fournisseurs ou des clients, agrandir l’imprimerie, élever les barrières à l’entrée pour d’éventuels entrants, sécuriser les approvisionnements.

Exemples d’intégration verticale chez les imprimeurs français :


La diversification. Aujourd’hui se pose l’option pour les imprimeurs de passer d’une activité unique, à savoir l’impression sur papier à des activités multiples différentes de leur corps de métier : la gestion de services Web/Internet, le cross-media, la gestion de bases de données le développement de vente en ligne, ou encore la distribution logistique.

Dans le cadre d’une possible diversification, l’imprimeur doit se poser plusieurs questions : Cette nouvelle activité offrira-t-elle de nouvelle opportunité de revenue ou s’agira-t-il d’un coût supplémentaire pour réaliser l’activité de demain ? S’agira-t-il de remplacer des opérations existantes avec d’autres plus profitables ?

Exemples de diversification chez les imprimeurs français :

BIOGRAPHIE

4180EQQ6AELL'avantage concurrentiel de Michael Porter








[1] Competitive strategy : Techniques for Analyzing Industries and Competitor. Michael Porter; Free Press, June 1998.

Posté par Yves de Ternay à 10:08 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires sur Quelles sont les stratégies aujourd’hui possibles pour un imprimeur ?

Bel article !

Bravo pour cette analyse, elle est très pertinente. Le secteur de l'imprimerie est en effet totalement bouleversé, par les évolutions technologiques, par les crises successives, et par la pression des acheteurs et des vendeurs.
Sans compter que bon nombre d'imprimeurs ont joué avec le feu en entrant dans une guerre des prix à outrance, et qu'ils s'en mordent les doigts.
Parmi les exemples d'imprimeurs qui se sont démarqués, j'en ajouterai 2 :
- Exaprint, à Mauguio (34), qui a choisi de ne vendre qu'à des professionnels des arts graphiques ; c'est un choix de clientèle qui s'est avéré payant, surtout qu'il a été appuyé par un marketing très intelligent ;
- Escourbiac à Graulhet (81) : c'est une imprimerie familiale qui s'est toujours positionnée dans l'impression de qualité. Et ce choix s'est toujours avéré payant. Ils ont un vrai savoir-faire, qu'ils préservent, et des réalisations splendides.

En tout cas, c'est un métier un peu trop méprisé à mon goût, mais terriblement exigeant. A mon sens, peu importe le travail du créatif ou du designer, s'il n'est pas roulé par quelqu'un qui connait son métier, le résultat sera catastrophique.
Longue vie aux imprimeurs…

Posté par Ludovic, 31 mai 2010 à 09:55
Coup de chapeau !

J'ai vraiment aimé cet article. Je présente un mémoire sur un projet de création d'imprimerie à Brazzaville et je rêve un jour ouvrir une très grande imprimerie dans mon pays. Merci pour ces infos.

Posté par Galilée, 09 juin 2010 à 13:43
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